Dans l’ombre des studios et des festivals, où se mêlent héritage familial et ambition artistique, émerge une figure discrète mais déterminée : Lillah Girardot. Née à Paris en 1997, elle s’impose aujourd’hui comme une productrice innovante, armée d’une formation pluridisciplinaire, d’une culture juridique et historique, et d’un savoir-faire en production rare pour son âge.
Fille de l’acteur réputé Hippolyte Girardot et de la productrice exigeante Kristina Larsen, elle ne se contente pas de perpétuer un héritage, elle le réinvente. Ce portrait explore les plus de 3 000 mots nécessaires pour comprendre la trajectoire, la vision et les compétences qui placent Lillah dans la nouvelle génération des figures influentes du cinéma européen.
Héritage familial et immersion artistique
Lillah respire le cinéma depuis son plus jeune âge. Son père, Hippolyte Girardot, est une figure de première ligne du cinéma d’auteur, tandis que sa mère, Kristina Larsen, a financé et produit des œuvres de réalisateurs tels que Mia Hansen-Løve, Hou Hsiao-hsien ou Bertrand Bonello. Sa demi-sœur, Ana Girardot, est elle-même comédienne et touche à la réalisation.
Lillah grandit dans un environnement où scripts, rushes et débats de post‑production rythment les journées et les dîners de famille : un terreau fertile pour une vocation artistique, mais également analytique.
Une formation pluridisciplinaire
Contrairement à la majorité de ses pairs, Lillah combine formation pratique et académique :
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Master 1 de Cinéma – Sorbonne Nouvelle (Paris III)
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Master 2 Production audiovisuelle et Éditorialisation – Universités de Paris
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Master 1 d’Histoire contemporaine – Paris I Panthéon‑Sorbonne
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Licence en Droit public (mention Bien) – Paris II Panthéon‑Assas
Un cursus hybride, mêlant analyse de scénarios, rigueur juridique, sens du financement et culture historique : une véritable boîte à outils pour une productrice.
Premiers pas sur les plateaux
Elle rejoint l’équipe de Suzanna Andler (2020) — adaptation de Marguerite Duras signée Benoît Jacquot — en tant qu’assistant régie. Lillah y fait ses armes dans la gestion logistique de tournage, des locaux à la coordination des équipes.
Entrée ensuite chez Les Films du Lendemain, la société fondée par sa mère, elle devient Chargée de développement et production, engagée dans la sélection des projets, la gestion de budget, le suivi de production et la coordination de tournages.
Élargissement au développement et à la distribution
Parallèlement chez Madison Films, société cofondée par Kristina Larsen pour soutenir des auteurs engagés, elle participe à l’évaluation de fictions et documentaires, aux estimations financières et à la stratégie distribution.
Elle enrichit son expertise chez Diaphana Distribution, en acquisitions, apprenant à identifier les films les plus prometteurs pour le public, gérer les négociations de droits, et calibrer une stratégie de mise en marché.
Projets phares
1. Suzanna Andler (2020)
Rôle : assistante régie
Un tournage austère, sur fond littéraire, exigeant organisation méticuleuse et rigueur pour préserver l’atmosphère de Duras.
2. La Daronne (2020)
Rôle : supervision post-production
Thriller porté par Isabelle Huppert, mêlant critique sociale et rythme policier ; Lillah assure la cohérence entre version, mixages, sous-titres et exigences des festivals.
3. Une Famille (2024)
Rôle : équipe additionnelle
Drame familial tourné face à des contraintes imprévues : Lillah orchestre une réorganisation du planning pour éviter tout retard, tout en préservant l’ADN du scénario.
Les Films du Lendemain : leadership et stratégie
Entre 2016 et 2022, Lillah siège au conseil d’administration de la maison de production :
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Choix et évaluation des scénarios
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Montage de dossiers de financement (CNC, Eurimages, fonds privés)
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Coordination avec partenaires créatifs, juridiques et logistiques
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Gestion des relations internationales et des remontées festivalières
Son ascension jusqu’à la co-décision en moins de deux ans traduit sa clairvoyance professionnelle et sa détermination.
Engagement dans les festivals
Chargée de mission pour le Festival Sœurs Jumelles, Lillah participe à la programmation, organise des tables rondes (notamment sur la place des femmes dans la musique de film) et encourage les productions créées par des réalisatrices francophones, notamment d’Afrique du Nord.
Elle y déploie ce qu’elle appelle son « laboratoire émotionnel », afin d’observer les premières réactions d’un public exigeant.
Valeurs et philosophie professionnelle
Lillah défend plusieurs valeurs fortes :
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Intégrité artistique : choix de projets originaux, innovants, à forte identité.
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Collaboration horizontale : implication de chaque métier, de l’ombre à la lumière.
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Durabilité : she impulse des démarches écoresponsables sur les plateaux.
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Transmission : elle mentor des jeunes talents et appelle à l’éducation autour du cinéma.
Compétences clés
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Analyse de scénarios : lecture critique et sensibilité aux narrations
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Droit de l’audiovisuel : négociation de contrats, propriété intellectuelle
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Budget et financement : maîtrise des coûts et des circuits de subvention
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Gestion de production : coordination de tournage et suivi créatif
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Stratégie festivalière et distribution : anticipation des tendances et marchés
Projets à venir
Sous réserve de confidentialité, plusieurs films sont en développement avec Lillah comme productrice ou superviseure :
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Blue Veils : romance historique se déroulant dans les années 1960 à Marseille
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Echo Chambers : documentaire hybride musical destiné aux plateformes SVOD
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Solstice : thriller d’anticipation autour de la crise écologique
Elle envisage aussi des coproductions entre la France, l’Afrique du Nord, et l’Asie, misant sur les financements européens et un pont d’histoires et de talents.
Profil public
Plutôt discrète dans les médias, Lillah apparaît dans des tables rondes autour de la place des femmes dans le cinéma et la transition écologique des productions. Ses apparitions médiatiques privilégient l’industrie et la transmission plutôt que la promotion personnelle.
Conclusion
À seulement 27 ans, Lillah Girardot incarne une nouvelle génération de décideurs : à la fois juriste, historienne, productrice, gestionnaire et militante culturelle. D’un côté, elle protège les droits, de l’autre elle explore la narration, le financement, la distribution, et l’impact environnemental.
Sa vision, qu’elle projette dans ses projets, festival et entreprises, est à la croisée de l’émotion et de la stratégie : sortir des carcans, inventer des formats hybrides, et mettre en lumière des voix variées. À ce rythme, elle est promise à une trajectoire influente et durable dans le cinéma européen.
