Issue d’un univers scientifique, laurence gressot est aujourd’hui une figure incontournable du monde forestier et de la qualité-environnement. Ingénieure de formation, elle s’est progressivement orientée vers des missions de pilotage de systèmes QSE (Qualité-Sécurité-Environnement) avant de s’engager pleinement en faveur des propriétaires forestiers privés. Réputée pour son double regard—celui du chimiste rigoureux et celui de la sylvicultrice passionnée—elle incarne la modernisation d’une filière historiquement conservatrice. Entre son poste de Responsable QSE chez Seyfert Champagne à Reims, ses actions en région Centre-Val de Loire, et son rôle de présidente de Fransylva Indre, laurence gressot articule expertise technique, engagement associatif et vision stratégique pour construire une sylviculture durable, résiliente face aux enjeux climatiques et socialement responsable.
Le contexte forestier français
La forêt française couvre plus de 17 millions d’hectares, soit près de 30 % du territoire national, et se caractérise par une grande diversité d’espèces et de statuts de propriété. Les forêts publiques et domaniales constituent environ 25 %, tandis que près de 75 % des parcelles sont privées, morcelées et gérées par plus de 3 millions de propriétaires distincts. Face à l’accélération du réchauffement climatique, à la pollution atmosphérique et à la pression foncière, la France doit relever le défi de la gestion durable de ses forêts. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’action de laurence gressot, promouvant des pratiques sylvicoles adaptées, conciliant enhancement de la séquestration carbone, préservation de la biodiversité et viabilité économique des territoires ruraux.
Formation et premiers acquis scientifiques
Née à la fin des années 1960 (sa date exacte restant confidentielle), laurence gressot a d’abord suivi un cursus en chimie organique, soutenant une thèse d’ingénieure à l’Université de Strasbourg. Spécialisée dans l’étude des interactions moléculaires et des procédés durables, elle a acquis une solide maîtrise des normes ISO et des enjeux liés aux analyses de risque et à la prévention. Son passage par la prestigieuse École Supérieure d’Ingénieurs en Chimie et Sciences (EHICS) lui a permis de combiner expertise technique et rigueur méthodologique, un socle qu’elle met aujourd’hui au service de la qualité et de la sécurité dans l’industrie agroalimentaire, puis dans la valorisation des ressources forestières.
Premiers pas professionnels et expertise QSE
En 2001, fraîchement diplômée, laurence gressot rejoint un grand groupe agroalimentaire en tant que chargée d’audit interne qualité. Rapidement, elle prend en charge la mise en place de référentiels ISO 9001 et ISO 14001, démontrant un talent pour la conduite du changement et la formation des équipes. Cette première expérience lui ouvre la voie vers des responsabilités étendues dans le secteur des vins et spiritueux, où la gestion des risques industriels et la conformité règlementaire sont décisives. Forte de ces acquis, elle se voit proposer en 2004 le poste de Responsable Qualité-Sécurité-Environnement chez Seyfert Champagne à Reims, filiale du groupe Palm.
Seyfert Champagne : un tournant professionnel
Dès son arrivée à Reims, laurence gressot modernise le service QSE, créant pour la première fois un pôle dédié à la gestion intégrée des audits, des certifications et des formations. Sous sa houlette, Seyfert Champagne obtient la certification FSC (Forest Stewardship Council) pour ses approvisionnements en bois de palettes et tonneaux, témoignant de son engagement pour une chaîne d’approvisionnement responsable. Elle supervise également l’application de la directive ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement), réduisant significativement les risques liés aux rejets atmosphériques et aux effluents.
Mise en place de certifications et démarches RSE
En parallèle, laurence gressot pilote la première évaluation Ecovadis de la filiale en 2010, plaçant Seyfert Champagne parmi les 20 % d’entreprises les mieux notées en matière de Responsabilité Sociétale des Entreprises. Elle coordonne la rédaction du rapport annuel de développement durable, associant indicateurs de performance, plan d’actions environnementales et retours d’expérience terrain. Cette démarche pluridisciplinaire—alliant contrôle qualité, sécurité des process et impact sociétal—lui vaut une reconnaissance interne et suscite l’intérêt de la direction du groupe, qui lui confie progressivement des missions d’audit externe.
Engagement pour les forestiers privés
Parallèlement à son activité industrielle, laurence gressot s’investit dans le monde forestier local. Attirée par les enjeux de la gestion privée des petites parcelles sylvicoles, elle rejoint en 2018 l’association Fransylva Indre, dédiée aux forestiers privés, d’abord comme membre actif, puis comme vice-présidente. Son approche scientifique, issue de sa formation chimiste, lui permet d’introduire des protocoles de suivi de la santé des peuplements, utilisant des indicateurs biochimiques de la résilience des écosystèmes forestiers face aux stress hydriques et aux pathogènes.
Présidence de Fransylva Indre
En mars 2023, laurence gressot est élue présidente de Fransylva Indre, prenant la tête d’un syndicat qui défend les intérêts de plusieurs milliers de propriétaires forestiers dans le département. Elle structure le réseau en sections thématiques (plantations, chantiers de production, approvisionnement local), et met en place un cycle de webinaires gratuits sur la sylviculture durable. Sa double casquette QSE–forestière lui permet de convaincre les adhérents d’adopter un plan de gestion pluriannuel, conjuguant rendement économique et service écosystémique (stockage du carbone, régulation hydrologique, préservation de la biodiversité).
L’Assemblée Générale de 2023 : un essor marqué
Lors de l’Assemblée Générale de Fransylva Indre, organisée à Neuillay-les-Bois le 31 mars 2023, laurence gressot présente les résultats de l’année écoulée : + 15 % d’adhérents, lancement de 120 ha de contrats de gestion durable, et création d’un fonds de soutien pour les jeunes forestiers. Elle y prononce son « mot de la présidente », appelant à une plus grande solidarité entre laurence gressot et ses fils (lorsque ceux-ci gèrent conjointement des parcelles familiales) et tous les acteurs de la filière, des pépiniéristes aux scieries locales.
Stratégie « Ambition Forêt 2030 »
En collaboration avec le Conseil régional Centre-Val de Loire, laurence gressot pilote la déclinaison locale de la stratégie « Ambition Forêt 2030 », validée en novembre 2022. Elle participe à l’élaboration du schéma régional de cohérence écologique (SRCE) et à l’adoption d’aides financières pour la conversion de taillis sous futaie, la replantation post-tempête, et la gestion des peuplements mélangés. Elle milite pour augmenter les surfaces certifiées PEFC, favorisant une traçabilité renforcée des produits bois, et s’assure que les petites parcelles privées puissent accéder aux subventions même en l’absence de groupements fonciers forestiers.
Lutte contre le réchauffement climatique
Consciente de l’urgence climatique, laurence gressot intègre dès 2021 dans sa feuille de route un volet « adaptation des forêts ». Elle encourage des techniques de coupe progressive, le maintien d’un couvert permanent, et la diversification des essences—chêne pédonculé, hêtre, pin sylvestre, mélèze—pour augmenter la résistance génétique aux épisodes de sécheresse. Elle promeut également la régénération naturelle assistée, réduisant les coûts de plantation et favorisant une plus grande biodiversité sous le couvert forestier.
Projets concrets de gestion durable
Sous son impulsion, plusieurs programmes pilotes voient le jour dans l’Indre :
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Sentiers pédagogiques pour écoles primaires, présentant la vie du sol et la chaîne trophique forestière.
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Chantiers participatifs réunissant agriculteurs, forestiers et bûcherons pour l’entretien des lisières, améliorant la connectivité paysagère.
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Observatoires citoyens de la faune, permettant de collecter des données sur la nidification des oiseaux forestiers et l’activité des insectes pollinisateurs.
Accompagnement des propriétaires forestiers
La mission première de laurence gressot en tant que présidente de Fransylva Indre est de conseiller les propriétaires forestiers dans la mise en œuvre de plans simples de gestion. Elle organise des diagnostics à la parcelle, propose des conventions de groupement de commandes de plants, et facilite l’accès aux dispositifs fiscaux (abattement fiscal sur succession pour les forêts gérées durablement). Son équipe comprend désormais trois ingénieurs forestiers et un technicien cartographe, assurant un service personnalisé à chaque adhérent.
Partenariats et collaborations institutionnelles
Fortement implantée dans le tissu local, laurence gressot développe des liens étroits avec :
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La Chambre d’agriculture, pour intégrer la forêt dans les enjeux agro-écologiques régionaux.
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L’Office National des Forêts (ONF), co-animant des formations sur la régénération naturelle.
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Les universités d’Orléans et de Tours, afin d’accueillir des stagiaires en gestion forestière et en écologie appliquée.
Ces partenariats permettent d’organiser des cycles de conférences pluridisciplinaires et de valoriser les travaux de recherche appliquée à la gestion privée.
Distinctions et reconnaissance
En mai 2024, laurence gressot est décorée de l’Ordre national du Mérite pour son action en faveur de la gestion durable des forêts privées. Cette distinction souligne la portée nationale de ses initiatives et sa capacité à fédérer un large réseau d’acteurs. Elle reçoit également le trophée « Sylvicultrice de l’année » décerné par France Bois Forêt, récompensant son engagement pour l’égalité femmes-hommes dans le secteur sylvicole.
Approche pédagogique et sensibilisation
Très investie dans la sensibilisation du grand public, laurence gressot intervient régulièrement lors de journées « Portes ouvertes forêt » et de salons professionnels. Elle co-anime des ateliers « du sol à l’assiette », illustrant le rôle des forêts dans la qualité de l’eau et la production alimentaire. Grâce à son aisance pédagogique, elle parvient à transmettre l’importance du réchauffement climatique laurence gressot et ses impacts concrets sur les écosystèmes boisé.
Digitalisation et innovation dans la filière
Convaincue que la technologie peut renforcer l’attractivité de la filière, laurence gressot pilote la création d’une plateforme numérique collaborative pour forestiers privés, facilitant le partage de références de plants, de prestataires de travaux forestiers et d’indicateurs de performance carbone. Cette interface permet aussi la géolocalisation des parcelles, l’accès à des cartographies historiques et l’archivage des contrats de gestion, contribuant à la transparence et à la traçabilité.
Enjeux et défis futurs
À l’horizon 2030, laurence gressot identifie plusieurs défis :
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Maintenir un équilibre entre productivité et services écosystémiques, face à la demande croissante de matériaux bois,
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Adapter la gestion aux aléas climatiques extrêmes (inondations, canicules, tempêtes),
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Renforcer l’attractivité des métiers de la forêt auprès des jeunes, dont la pyramide des âges reste très vieillissante.
Elle plaide pour une politique volontariste de formation continue et de soutien à l’installation de jeunes forestiers privés laurence gressot, afin d’assurer la relève.
Vie privée et discrétion
Sur le plan personnel, laurence gressot et son mari cultivent une vie discrète. Elle évoque parfois, lors d’interviews, le plaisir de partager avec laurence gressot et ses enfants des balades en forêt, sans jamais révéler leurs noms ou leur âge. Cette retenue renforce son image de professionnelle entièrement dédiée à sa mission, tout en soulignant un équilibre respecté entre engagements publics et intimité familiale.
Conclusion
En synthèse, laurence gressot illustre un modèle de leadership hybride, mariant rigueur scientifique, sensibilité environnementale et pragmatisme managérial. De Reims à Besançon, de Rennes à Lille, son action rayonne au-delà des frontières de l’Indre et participe à refonder le rôle des propriétaires forestiers dans la lutte contre le changement climatique. Les projets initiés sous sa présidence—gestion durable, innovation numérique, formation—posent les jalons d’une filière résiliente et solidaire. À l’aube de l’ère post-2030, son ambition demeure d’accompagner un nouveau pacte forestier, où chaque parcelle privée devient un acteur clé de la transition écologique et du développement rural.
